Dans les formules contre les taches, on trouve souvent un extrait de réglisse, presque toujours présenté comme un ingrédient apaisant. C’est vrai, mais seulement en partie : quand on parle de troubles pigmentaires, la molécule intéressante de cette racine est liposoluble et s’appelle glabridine.
La réglisse remplit deux fonctions différentes grâce à deux fractions différentes. La glabridine, liposoluble, interfère avec la tyrosinase. L’acide glycyrrhétique, hydrosoluble, est la fraction anti-inflammatoire. Un extrait qui ne précise pas son titre ne permet pas de savoir laquelle des deux vous achetez.
Article rédigé par Elisa Avalle, fondatrice de LeLang Skin Care et spécialiste en dermocosmétique. Image de couverture générée avec l’aide de l’intelligence artificielle.
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Qu’est-ce que c’est ?
Elle est extraite de la racine de Glycyrrhiza glabra. Dans la liste INCI, elle apparaît sous le nom Glycyrrhiza Glabra Root Extract, ou, sous sa forme purifiée, comme Dipotassium Glycyrrhizate, le sel de l’acide glycyrrhétique, qui a une tout autre fonction.
La glabridine est un isoflavane présent en très petites quantités, concentré dans la fraction huileuse de la racine. D’où une conséquence pratique : un extrait aqueux de réglisse, aussi bon soit-il, en contient peu ou pas du tout.
Pourquoi s’y intéresser en cas de troubles pigmentaires ?
La glabridine inhibe la tyrosinase, l’enzyme qui déclenche la production de mélanine. Par rapport à d’autres inhibiteurs, elle présente un avantage reconnu dans la littérature : elle agit sans la cytotoxicité envers les mélanocytes caractéristique des molécules les plus agressives. C’est un actif qui ralentit un processus, sans endommager les cellules.
Il y a ensuite une deuxième raison, moins souvent citée et peut-être plus importante. De nombreuses taches ne sont pas dues au soleil, mais à une inflammation antérieure : un bouton, une épilation à la cire, un coup de soleil, un soin esthétique. Dans ces cas, la composante anti-inflammatoire de la racine agit sur la cause, tandis que l’inhibiteur de la tyrosinase agit sur l’effet. Il est rare de trouver ces deux propriétés dans une même plante.
La limite : le titrage
C’est là que se situe le point essentiel. La quantité de glabridine dans un extrait varie énormément selon l’origine de la racine et la méthode d’extraction, et l’étiquette ne la mentionne jamais : la liste INCI indique la plante et la partie utilisée, pas la quantité de principe actif qu’elle contient.
Autrement dit, deux produits dont la liste d’ingrédients mentionne le même extrait peuvent avoir des effets complètement différents. Cette information ne peut être obtenue qu’auprès du fabricant, et c’est pour la même raison que je me méfie des classements d’ingrédients pour les extraits végétaux : le nom de l’espèce ne dit pas grand-chose, le titrage dit tout.
Avec quoi l’associer ?
La logique pour traiter les taches est toujours la même : agir sur plusieurs points de la chaîne. La réglisse se marie bien avec l’acide kojique et l’alpha-arbutine, qui agissent sur la même enzyme par des voies différentes, ainsi qu’avec la niacinamide, qui intervient plus en aval.
Pour le mélasma, où intervient aussi une composante vasculaire, le raisonnement est différent. J’ai abordé le sujet en parlant de l’acide tranexamique.
Selon le règlement CE 1223/2009 et le règlement UE 655/2013, un produit cosmétique ne traite aucune affection clinique et ne peut pas le prétendre. Les taches qui apparaissent soudainement, changent de forme, de couleur ou de taille, ainsi que les hyperpigmentations étendues, doivent être évaluées par un médecin.
Quand la choisir ?
- Sur une peau réactive, lorsque les actifs plus puissants ne sont pas tolérés : c’est l’une des options les plus douces de cette catégorie.
- Pour les taches post-inflammatoires, lorsqu’il faut aussi agir sur l’inflammation qui les a provoquées.
- Dans des formules combinées, plutôt que seule : son effet est réel, mais modeste, et l’associer à d’autres mécanismes est le seul moyen de le rendre visible.
- En automne et en hiver, lorsque l’ensoleillement diminue et qu’un traitement peut aller jusqu’au bout de ses huit à douze semaines.
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Questions fréquentes
Qu’est-ce que la glabridine ?
La glabridine est un isoflavane présent en très petites quantités dans la racine de réglisse, Glycyrrhiza glabra, et concentré dans sa fraction huileuse. C’est la partie de la plante qui nous intéresse pour les taches, car elle interfère avec la tyrosinase, l’enzyme qui déclenche la production de mélanine. C’est pourquoi un extrait aqueux de réglisse en contient peu ou pas du tout.
À quoi sert la réglisse dans les cosmétiques ?
Elle remplit deux fonctions grâce à deux fractions différentes. La glabridine, liposoluble, ralentit la production de mélanine en agissant sur la tyrosinase, sans la cytotoxicité envers les mélanocytes typique des molécules les plus agressives. L’acide glycyrrhétique, hydrosoluble, a quant à lui une action anti-inflammatoire. Sur l’étiquette, son sel apparaît sous le nom Dipotassium Glycyrrhizate ; il ne faut pas le confondre avec la glabridine.
Pourquoi la réglisse est-elle indiquée pour les taches apparues après un bouton ?
Parce que de nombreuses taches sont dues à une inflammation antérieure, comme un bouton, une épilation à la cire ou un coup de soleil. Dans ces cas, la composante anti-inflammatoire de la racine agit sur l’origine de la tache, tandis que la glabridine agit sur la production du pigment. Il est rare de trouver ces deux actions dans une même plante, ce qui rend la réglisse intéressante pour les troubles pigmentaires post-inflammatoires.
Comment savoir quelle quantité de glabridine contient un produit ?
Il est impossible de le savoir à partir de l’étiquette : la liste INCI indique la plante et la partie utilisée, pas la quantité de principe actif. La teneur en glabridine varie beaucoup selon l’origine de la racine et la méthode d’extraction ; deux produits mentionnant le même ingrédient peuvent donc avoir des effets différents. Seul le fabricant peut fournir les informations de titrage.
La réglisse convient-elle aux peaux sensibles ?
Oui, c’est l’une des options les plus douces pour les personnes qui ont des taches et une peau réactive, ne tolérant pas les actifs plus puissants. Son effet sur le pigment est réel, mais modeste ; elle est donc plus efficace dans des formules combinées avec de l’acide kojique, de l’alpha-arbutine ou de la niacinamide. La période idéale est l’automne et l’hiver, avec une protection solaire quotidienne et un traitement de huit à douze semaines.
Sources de cet article
- Revue de la littérature sur les inhibiteurs végétaux de la tyrosinase : glabridine, activité enzymatique et profil de cytotoxicité.
- Rivas S., Pandya A.G. (2013). « Treatment of melasma with topical agents, peels and lasers: an evidence-based review ». American Journal of Clinical Dermatology, vol. 14, n° 5, pp. 359-376.
- Règlement (CE) n° 1223/2009 du Parlement européen et du Conseil relatif aux produits cosmétiques.
- Règlement (UE) n° 655/2013 de la Commission établissant les critères communs auxquels les allégations relatives aux produits cosmétiques doivent répondre.
Sur le site : Arbutine · Acide kojique · Troubles pigmentaires cutanés

