Viso femminile accanto a un modello molecolare e a un vasetto di crema con ceramidi
Glossaire des ingrédients

Céramides pour la peau : qu’est-ce que c’est et quand sont-elles vraiment utiles ?

Elisa Avallede Elisa Avalle , fondateur de LeLang

12 min de lecture

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Les céramides font partie de ces ingrédients dont tout le monde parle et que presque personne n’explique vraiment. Elles apparaissent sur les emballages comme un gage de sérieux, sont vaguement associées à la « barrière » et à l’« hydratation », et finissent par être traitées comme n’importe quel actif à ajouter à la liste. En réalité, ce ne sont pas des actifs : ce sont des composants structurels de la peau, et cela change la façon dont il faut les interpréter sur une étiquette.

Il vaut la peine de bien les comprendre, car elles sont aussi l’ingrédient autour duquel se construisent le plus d’idées fausses commerciales. Une crème qui en contient n’est pas automatiquement meilleure qu’une crème qui n’en contient pas, et une peau qui n’en a pas besoin n’en tire aucun bénéfice mesurable.

Article écrit par Elisa Avalle, fondatrice de LeLang Skin Care et spécialiste en dermocosmétique. Image de couverture générée avec l’aide de l’intelligence artificielle.

Que sont les céramides ?

Ce sont des lipides complexes appartenant à la famille des sphingolipides, qui constituent la matrice dans laquelle baignent les cellules de la couche cornée. Pour l’expliquer, on utilise le modèle du mur : les cornéocytes sont les briques, les lipides intercellulaires sont le mortier. Sans mortier, le mur tient mal, laisse l’eau s’échapper vers l’extérieur et laisse entrer de l’extérieur ce qui ne devrait pas y pénétrer.

Il n’existe pas de « céramide » au singulier. La littérature sur la couche cornée humaine en décrit de nombreuses classes, jusqu’à dix-neuf dans les revues les plus récentes, distinguées selon le type de base sphingoïde et d’acide gras qui les composent. Chacune joue un rôle légèrement différent dans l’organisation de la matrice lipidique, et leurs proportions respectives comptent autant que la quantité totale.

Les chiffres de la barrière

Voici la donnée qui montre clairement pourquoi on en parle tant. Les lipides de la couche cornée humaine sont composés d’environ 50 % de céramides, 25 % de cholestérol et 10 à 15 % d’acides gras libres. Les céramides représentent donc exactement la moitié de la structure qui maintient la surface de la peau et en régule la perméabilité.

Lorsque cette proportion est déséquilibrée, les conséquences se mesurent : la perte d’eau transépidermique augmente, la peau devient plus perméable aux irritants et plus réactive. C’est le même mécanisme que celui décrit dans notre article sur la barrière cutanée et la manière de la réparer, mais envisagé sous l’angle de la composition chimique plutôt que des symptômes.

À côté de la composition, la recherche récente met en avant un deuxième paramètre : le pH de la couche cornée. Une revue publiée en 2025 dans le Journal of Dermatological Science décrit le pH et les céramides comme des régulateurs et, ensemble, comme des indicateurs de la fonction barrière dans la dermatite atopique. La raison est concrète : les enzymes qui achèvent la formation des céramides dans la couche cornée fonctionnent en milieu acide. Lorsque la surface de la peau devient moins acide, la barrière peine à se reconstituer, même si les lipides sont présents. C’est l’une des raisons pour lesquelles le nettoyage compte autant que la crème.

À retenir : les céramides n’hydratent pas au sens où l’acide hyaluronique hydrate. Elles n’attirent pas l’eau, elles la retiennent en l’empêchant de s’évaporer. Elles constituent un système de rétention, pas un réservoir. C’est pourquoi elles sont plus efficaces lorsqu’elles sont associées à un humectant qui apporte de l’eau.

Pourquoi la peau les perd

La production de céramides n’est ni constante dans le temps ni identique pour tout le monde. Elle diminue pour des raisons physiologiques et en fonction de la façon dont nous traitons notre peau au quotidien.

  • Âge : avec l’âge, on observe une diminution significative de toutes les principales espèces lipidiques de la couche cornée, y compris les céramides. C’est l’une des raisons pour lesquelles les peaux matures ont tendance à être sèches, même chez les personnes qui avaient la peau grasse plus jeunes.
  • Saison et climat : le froid, le vent et l’air sec des pièces chauffées altèrent le profil lipidique. Ce n’est pas une impression : la composition de la couche cornée varie de façon mesurable entre l’hiver et l’été.
  • Nettoyage agressif : les tensioactifs trop puissants, l’eau très chaude et les lavages fréquents éliminent les lipides en même temps que les impuretés.
  • Affections dermatologiques : dans la dermatite atopique, le déficit en céramides est une caractéristique documentée et centrale dans la physiopathologie de la maladie. Des altérations du film lipidique sont également décrites dans la dermatite séborrhéique et d’autres affections inflammatoires.
  • Utilisation inappropriée des exfoliants et des rétinoïdes : ils ne sont pas en soi les ennemis de la barrière cutanée, mais une fréquence inadaptée l’amincit.

Céramides végétales, biomimétiques, phytocéramides : quelles différences ?

En cosmétique, les céramides utilisées aujourd’hui sont presque toujours biomimétiques et synthétiques : des molécules identiques ou analogues à celles de la peau humaine, produites en laboratoire. C’est la solution la plus fiable, car elle permet de contrôler leur pureté et leur structure. Les phytocéramides, extraites du riz, du blé ou du maïs, ont une structure similaire, mais pas identique, et leur efficacité dépend beaucoup de leur degré de raffinage.

Il existe aussi une troisième voie : celle des précurseurs. La phytosphingosine et la sphingosine ne sont pas des céramides complètes : ce sont les éléments de base à partir desquels la peau les fabrique. L’idée est de fournir la matière première et de laisser l’épiderme synthétiser ce dont il a besoin. Dans de nombreuses formules bien conçues, on trouve à la fois des céramides déjà formées et des précurseurs, pour couvrir les deux temps d’action.

Le point que presque personne n’explique : elles ne suffisent pas à elles seules

C’est l’aspect qui disparaît presque toujours des communications sur les produits, alors que c’est le plus utile à savoir. La recherche sur la réparation de la barrière a montré que les lipides physiologiques agissent en mélange, dans les proportions auxquelles la peau les utilise : céramides, cholestérol et acides gras ensemble. Appliquer une seule des trois familles à forte dose ne produit pas le même effet et, dans les études sur la restauration de la barrière d’une peau vieillie chronologiquement, les mélanges incomplets se sont révélés moins efficaces que les mélanges complets.

Ce point a été repris dans une revue publiée en 2024 dans l’International Journal of Cosmetic Science, précisément consacrée au rôle des céramides dans la barrière cutanée et à leur formulation : l’effet sur l’organisation lamellaire de la couche cornée dépend du rapport avec le cholestérol et les acides gras libres. Autrement dit, le nombre de céramides dans une crème ne compte pas à lui seul ; la combinaison avec d’autres ingrédients importe aussi.

La conséquence pratique est simple : une crème qui affiche « céramides » sur son étiquette, mais ne contient aucun des deux autres composants, ne propose qu’un tiers du système. À l’inverse, une formule bien conçue à base de beurres, d’huiles et de cholestérol peut très bien soutenir la barrière cutanée, même sans mentionner les « céramides » sur le devant du packaging. L’ingrédient seul n’est pas un critère de qualité, c’est la formule dans son ensemble qui l’est.

Comment les lire dans l’INCI

Dans la liste des ingrédients, les céramides suivent une nomenclature précise qui, depuis 2018 environ, repose sur leur structure chimique plutôt que sur l’ancienne numérotation. Voici les plus fréquentes et la signification de leur abréviation :

  1. Ceramide NP (anciennement Ceramide 3) : la plus répandue dans les formules cosmétiques, elle a fait l’objet d’études approfondies sur la restauration de la barrière cutanée.
  2. Ceramide AP (Ceramide 6 II) : souvent associée à la NP, elle contribue à la cohésion de la matrice lipidique.
  3. Ceramide EOP (Ceramide 1) : structure plus complexe, avec une chaîne estérifiée ; elle joue un rôle important dans l’organisation des couches lipidiques.
  4. Ceramide NS (Ceramide 2) : parmi les plus abondantes dans la couche cornée humaine.
  5. Phytosphingosine et Sphingosine : des précurseurs, pas des céramides déjà formées.
  6. Cholestérol et acides gras comme Behenic acid ou Stearic acid : les deux autres piliers du système. Lorsqu’ils sont présents, la formule repose sur des lipides physiologiques et non sur un seul ingrédient mis en avant.

Attention à leur position dans la liste des ingrédients. Les céramides s’utilisent à de très faibles concentrations, souvent inférieures à 1 % : il est normal de les trouver en fin de liste INCI, ce qui ne signifie pas pour autant que la formule est pauvre. L’indicateur le plus pertinent n’est pas leur position, mais la présence de cholestérol et d’acides gras à leurs côtés.

À qui sont-elles vraiment utiles, et à qui ne le sont-elles pas ?

Ce n’est pas un ingrédient universel, et toutes les peaux n’en tirent pas le même bénéfice. Elles sont surtout utiles dans les cas suivants :

  • peau sèche ou à tendance atopique, où le déficit lipidique est structurel
  • peau sensible et réactive, avec un seuil de tolérance abaissé
  • peau sous traitement par des exfoliants, des rétinoïdes ou des protocoles dermatologiques, pour limiter les effets sur la barrière
  • peau mature, pour compenser la diminution physiologique des lipides
  • changement de saison et mois froids, lorsque le profil lipidique s’appauvrit

Elles jouent en revanche un rôle mineur sur une peau jeune et grasse, dont la barrière est intacte et qui ne présente aucun signe de sécheresse ou de réactivité : dans ce cas, la priorité est ailleurs. Si tu n’es pas sûre de ta situation, l’article sur la peau sèche et la peau déshydratée explique la différence, qui permet précisément de déterminer si tu as besoin de céramides ou non.

Comment les intégrer à sa routine

Les céramides s’appliquent lors de l’étape occlusive, donc après les sérums et avant une éventuelle protection solaire. Le soir, elles peuvent être appliquées en dernière étape. Elles n’ont pas d’incompatibilités connues avec les autres actifs et ne nécessitent pas de précautions particulières, ce qui en fait l’un des ingrédients les plus faciles à utiliser.

La méthode la plus efficace consiste à superposer les couches : d’abord un humectant qui apporte de l’eau, comme l’acide hyaluronique ou l’urée à faible concentration, puis le soin lipidique qui la retient. L’ordre inverse est moins efficace, car on scelle une peau qui n’a encore rien reçu à retenir.

Dans la gamme LeLang, les céramides sont présentes dans le sérum conçu pour les peaux sensibles sujettes aux rougeurs et à la couperose, où elles agissent aux côtés des peptides et de l’eau thermale, ainsi que dans le masque anti-âge, associées à de l’argile rose, au coenzyme Q10 et à un tripeptide.

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Quand la priorité est plutôt d’apaiser une peau réactive ou de restituer des lipides à une peau qui en a trop perdu, on mise sur des formules ciblant ces deux fonctions.

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L’ensemble de la sélection LeLang pour peau sèche repose sur l’association de lipides physiologiques, et non sur un ingrédient isolé mis en avant sur l’étiquette.

Il n’est pas toujours facile de savoir si votre problème est un déficit en lipides ou un manque d’eau en vous regardant dans le miroir, et c’est précisément cette distinction qui détermine si les céramides vous sont utiles. Dans les pharmacies partenaires LeLang, vous trouverez des professionnels qui pourront évaluer votre peau avant de vous conseiller un produit.

Questions fréquentes sur les céramides

Les céramides conviennent-elles aux peaux grasses ?

Oui, en cas de déshydratation ou si la peau suit un traitement à base d’acides ou de rétinoïdes. Les céramides ne sont pas comédogènes en soi : le problème vient plutôt de la texture du produit qui les contient. Sur une peau grasse, mieux vaut les rechercher dans des émulsions légères plutôt que dans des crèmes riches.

Céramides ou acide hyaluronique : que choisir ?

La question est mal posée, car elles n’ont pas les mêmes effets. L’acide hyaluronique attire et retient l’eau dans la couche cornée, tandis que les céramides empêchent cette eau de s’évaporer. Utilisés ensemble, ils se renforcent mutuellement ; utilisé seul sur une barrière endommagée, l’humectant est beaucoup moins efficace.

Les céramides végétales sont-elles aussi efficaces que les biomimétiques ?

Pas exactement. Les phytocéramides ont une structure similaire, mais pas identique à celle des céramides humaines, et leur efficacité dépend de leur pureté et de la forme sous laquelle elles sont utilisées. Les céramides biomimétiques de synthèse reproduisent plus fidèlement la molécule physiologique et sont celles pour lesquelles la documentation est la plus solide.

Combien de temps faut-il pour voir des résultats ?

Le confort immédiat, c’est-à-dire la sensation d’une peau moins tiraillée, se fait sentir en quelques jours. La restauration effective de la fonction barrière prend plus de temps, généralement de deux à quatre semaines d’utilisation régulière, car la couche cornée doit achever au moins un cycle de renouvellement.

Peut-on les utiliser tous les jours ?

Oui, matin et soir, sans restriction. Elles ne créent pas d’accoutumance ni de « paresse cutanée » : la peau ne cesse pas de produire ses propres céramides parce qu’elle en reçoit de l’extérieur. C’est l’un des mythes les plus répandus sur cette catégorie.

En bref

Les céramides constituent la moitié des lipides qui maintiennent la cohésion de la couche cornée. Leur diminution, qu’elle soit due à l’âge, au froid ou à un nettoyage trop agressif, se traduit par une peau qui perd de l’eau et s’irrite facilement. Il est judicieux de les réintégrer, mais le bon critère n’est pas la présence du mot sur l’étiquette : c’est la composition globale de la formule, avec du cholestérol et des acides gras, ainsi qu’un humectant qui leur apporte de quoi retenir.

Les sources de cet article

01 Feingold K.R., Elias P.M., Role of lipids in the formation and maintenance of the cutaneous permeability barrier, Biochimica et Biophysica Acta, 2014; 1841(3): 280-294.
02 van Smeden J., Bouwstra J.A., Stratum Corneum Lipids: Their Role for the Skin Barrier Function in Healthy Subjects and Atopic Dermatitis Patients, Current Problems in Dermatology, 2016; 49: 8-26.
03 Man M.Q., Feingold K.R., Thornfeldt C.R., Elias P.M., Optimization of physiological lipid mixtures for barrier repair, Journal of Investigative Dermatology, 1996; 106(5): 1096-1101.
04 Zettersten E.M. et al., Optimal ratios of topical stratum corneum lipids improve barrier recovery in chronologically aged skin, Journal of the American Academy of Dermatology, 1997; 37(3): 403-408.
05 Rawlings A.V., Harding C.R., Moisturization and skin barrier function, Dermatologic Therapy, 2004; 17(Suppl 1): 43-48.
06 Revue, The role of ceramides in skin barrier function and the importance of their correct formulation for skincare applications, International Journal of Cosmetic Science, 2024.
07 Revue, Stratum corneum pH and ceramides: Key regulators and biomarkers of skin barrier function in atopic dermatitis, Journal of Dermatological Science, 2025.

Qui a écrit cet article. Elisa Avalle est la fondatrice de LeLang Skin Care et est spécialisée en dermocosmétique à l'Universitat de Barcelona. Elle supervise personnellement la sélection des actifs et l'élaboration des protocoles cosmétiques de la marque. Les informations contenues dans cet article sont fournies à titre informatif et ne remplacent pas l'avis d'un médecin.

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