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Microspicole di spugna marina impiegate in skincare
La voix de la fondatrice

Soins de la peau aux spicules : pourquoi ces cosmétiques picotent et ce qui arrive à la peau

Elisa Avallede Elisa Avalle , fondateur de LeLang

6 min de lecture

Les spicules sont des structures microscopiques en forme d’aiguille qui proviennent du squelette de certaines éponges marines. Travaillées et intégrées à un cosmétique, elles créent des microcanaux temporaires dans la couche cornée : d’où les picotements, et le surnom de « microneedling en flacon ».

La comparaison aide à comprendre la sensation, mais elle risque de laisser croire qu’un cosmétique contenant des spicules équivaut à une procédure professionnelle standardisée. Ce n’est pas le cas. Et surtout : si un produit pique, cela ne signifie pas automatiquement qu’il est plus efficace.

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Elisa Avalle, fondatrice et CEO de LeLang Skin Care

Elisa Avalle · Fondatrice et spécialiste en dermocosmétique

Je trouve les spicules intéressantes, car elles répondent à une véritable limite de la cosmétique topique : la barrière cutanée. C’est précisément pour cela que je ne les considérerais pas comme un ingrédient décoratif à ajouter à chaque routine.

Pourquoi elles piquent

Lors du massage, les microstructures entrent en contact avec la couche la plus superficielle de la peau. C’est ce qui provoque des picotements, une sensation d’aiguilles et une sensibilité au toucher qui, selon le produit, peut se prolonger après l’application.

Cette perception rend l’expérience très convaincante : sentir quelque chose semble prouver que le produit agit. En réalité, la sensation confirme surtout une interaction mécanique. À elle seule, elle ne mesure pas le résultat clinique.

C’est le même malentendu qui fait croire qu’une crème qui chauffe fonctionne mieux qu’une crème qui ne provoque aucune sensation : nous évaluons le retour sensoriel, pas le résultat.

Spicules et microneedling ne sont pas la même chose

Le surnom « microneedling en flacon » est parlant, mais il rapproche deux choses qui ne se ressemblent qu’en apparence.

Le microneedling professionnel utilise des dispositifs dotés d’aiguilles dont la longueur et la profondeur sont déterminées en fonction de l’objectif et de la zone, avec des protocoles d’hygiène, de désinfection et de matériel à usage unique. Le praticien sait exactement à quelle profondeur il intervient et pendant combien de temps.

Les spicules sont massées à la surface de la peau, dans une crème ou un sérum. Elles se répartissent de manière imprévisible, selon leur orientation et la pression exercée, qui dépendent de la façon dont le produit est appliqué et de la personne qui l’applique. Les deux techniques modifient temporairement la barrière cutanée, mais le degré de contrôle est très différent.

La conséquence pratique est la suivante : avec le microneedling, la variable est contrôlée par le praticien ; avec les spicules, c’est vous qui la déterminez sans le savoir, et elle change à chaque application. Ce n’est pas une raison de les éviter, mais une raison de ne pas les considérer comme la version maison et moins chère d’une procédure médicale.

La pénétration des actifs

La barrière cutanée limite volontairement l’entrée de nombreuses substances : c’est son rôle. Des études expérimentales montrent que les spicules peuvent augmenter la pénétration de molécules qui, seules, traverseraient difficilement la peau.

En 2025, une étude consacrée à un peptide antimicrobien a observé une augmentation de la pénétration en associant le peptide à des spicules d’éponge. Ces données sont intéressantes pour la technologie d’administration, mais elles ne démontrent pas que n’importe quel sérum contenant des spicules rende n’importe quel actif efficace.

C’est la distinction que je fais toujours : un système d’administration apporte des preuves concernant ce duo actif-vecteur, pas l’ensemble de la catégorie. La même prudence s’applique aux actifs de haut poids moléculaire dont j’ai parlé à propos du PDRN.

La taille change tout

Une étude de 2019 devrait, selon moi, être lue par toute personne qui parle des spicules comme s’il s’agissait d’une catégorie homogène.

Les chercheurs ont préparé trois versions de la même crème, en ne modifiant que la taille des spicules : entières, fragmentées et réduites en poudre. Les spicules entières, d’environ 177 microns de long, ont produit la perméation la plus élevée d’une protéine modèle, mais ont également provoqué des irritations, des douleurs et des rougeurs. Les spicules fragmentées ont obtenu une perméation à peine inférieure, sans différence statistiquement significative, avec une tolérance nettement meilleure. Ce sont elles qui ont été retenues pour la phase sur l’être humain.

En clair : deux produits qui revendiquent tous deux des « spicules d’éponge » peuvent se comporter de manière complètement différente sur la peau, et la différence ne réside pas dans l’ingrédient, mais dans le traitement qu’il a subi, dont aucune étiquette ne rend compte. C’est pourquoi il n’a pas beaucoup de sens de juger toute la catégorie en bloc, dans un sens ou dans l’autre.

Ce que montrent les premières études cosmétiques

En 2025, un système à base de spicules nano-encapsulées a été évalué dans le cadre d’une étude clinique à bras unique, en observant des paramètres tels que l’absorption, les pores, la texture, les rides et la pigmentation. Le secteur passe donc des seuls modèles expérimentaux à des évaluations sur l’être humain, ce qui constitue un véritable progrès.

Des questions subsistent concernant le nombre et la taille des spicules, leur répartition, la dose, la fréquence et la comparaison avec des formules dépourvues de cette technologie. Une étude à bras unique, c’est-à-dire sans groupe témoin, en dit beaucoup moins qu’il n’y paraît. Et un résultat obtenu avec un système spécifique ne s’applique pas automatiquement à toute la catégorie.

« Les picotements ne doivent pas devenir la nouvelle mesure de l’efficacité. »

Peaux sensibles et association avec d’autres actifs

Puisque le principe consiste à modifier temporairement la barrière cutanée, la prudence est de mise pour les peaux sensibles, irritées, atteintes d’une dermatite active ou d’une acné inflammatoire. L’association avec des rétinoïdes, des acides ou d’autres ingrédients potentiellement irritants doit également être évaluée avec attention : si vous augmentez la pénétration, vous augmentez aussi celle des substances irritantes.

Si des brûlures persistantes, un gonflement ou une rougeur importante apparaissent, ce n’est pas le signe que le produit fonctionne. C’est le signe que ce produit, sur cette peau, va trop loin.

En 2025, un éditorial publié dans le Journal of the American Academy of Dermatology a attiré l’attention sur les risques potentiels des spicules de silice dans les cosmétiques destinés à un usage à domicile. C’est un signal important, à comprendre pour ce qu’il est : non pas une condamnation, mais un rappel que l’innovation et l’évaluation de la sécurité doivent progresser ensemble.

Mon analyse

Les spicules m’intéressent vraiment, car elles s’attaquent à la limite la plus concrète de la cosmétique topique. Mais une technologie qui augmente la pénétration accroît les possibilités et, en même temps, la nécessité de savoir précisément ce que nous faisons pénétrer, en quelle quantité et sur quelle peau.

J’évaluerais toujours la formule complète, la concentration, le mode d’utilisation et la tolérance. Et je me méfierais de tout produit qui utilise la sensation comme argument principal : lorsque l’expérience sensorielle devient la preuve, cela signifie généralement que les véritables preuves sont rares.

Elisa Avalle, fondatrice et CEO de LeLang Skin Care

Elisa Avalle est la fondatrice de LeLang Skin Care, spécialisée en dermocosmétique à l’Universitat de Barcelona. Elle formule depuis les Langhe pour la pharmacie italienne.

Les sources de cet article

01 Système à base de spicules nano-encapsulées, évaluation préclinique et étude clinique à bras unique, 2025
02 Spicules d’éponge et administration d’un peptide antimicrobien, 2025
03 Tansathien et autres, crème à base de microspicules d’éponge comme système d’administration transdermique, Biological & Pharmaceutical Bulletin, vol. 42, n° 7, 2019
04 « Hidden risks behind the cosmetic use of silica spicules for transdermal delivery », Journal of the American Academy of Dermatology, 2025

Sur le site : PDRN : études et marketing · la barrière cutanée · peau sensible