PFAS nei cosmetici e normativa europea
Dermocosmétiques en pharmacie

PFAS dans les cosmétiques : l'interdiction en France et ce qui change en Europe

Elisa Avallede Elisa Avalle , fondateur de LeLang

10 min de lecture

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Les PFAS – acronyme de substances per- et polyfluoroalkylées – constituent une vaste famille de composés chimiques synthétiques caractérisés par des liaisons carbone-fluor extrêmement stables. Cette stabilité leur confère des propriétés techniques utiles dans de nombreux secteurs industriels, mais elle est également à l'origine de leur persistance dans l'environnement, raison pour laquelle ils sont souvent qualifiés de « polluants éternels ».

Depuis le 1er janvier 2026, la France a instauré une interdiction de l'utilisation intentionnelle des PFAS dans les cosmétiques, ouvrant une nouvelle phase pour le secteur en Europe. Parallèlement, à l'échelle de l'UE, des propositions de restriction de groupe susceptibles de concerner un grand nombre de substances sont à l'étude. Cet article présente de manière neutre ce que sont les PFAS, pourquoi ils peuvent être présents dans les cosmétiques, quelles sont les données disponibles et comment évolue le cadre réglementaire.

PFAS : de quoi s'agit-il ?

Les PFAS (substances per- et polyfluoroalkylées) regroupent des milliers de substances chimiques différentes — les estimations les plus souvent citées évoquent une fourchette comprise entre 5 000 et 10 000 composés. Leur caractéristique commune est la présence de chaînes alkyles partiellement ou totalement fluorées et de liaisons carbone-fluor parmi les plus fortes de la chimie organique. Cela rend de nombreuses substances PFAS résistantes à la dégradation chimique et biologique.

Au sein de cette famille, les molécules présentent des comportements différents : certaines sont plus solubles dans l'eau, tandis que d'autres sont plus persistantes ou ont tendance à rester plus longtemps dans l'organisme. Cette variabilité explique notamment pourquoi le sujet est abordé sous l'angle de la « famille » plutôt que par l'évaluation de substances individuelles uniquement.

PFAS dans les cosmétiques : pourquoi sont-ils utilisés ?

En cosmétique, certaines substances PFAS peuvent avoir été utilisées pour des fonctions techniques qui améliorent les performances et le sensoriel du produit. Elles peuvent notamment contribuer à :

  • améliorer la glisse et la sensation soyeuse ;
  • favoriser la formation de films fins et uniformes ;
  • augmenter la résistance à l'eau, au sébum et à l'humidité ;
  • favoriser la longue tenue des produits long-lasting et waterproof.

Selon les données publiées par les autorités réglementaires, la présence de PFAS a surtout été détectée dans les fonds de teint longue tenue, les eyeliners, les mascaras waterproof, les fards à paupières, les rouges à lèvres, les poudres compactes et certains produits capillaires. Il est utile de noter qu'il s'agit principalement de produits de maquillage, et non de soins de la peau comme les sérums et les crèmes, pour lesquels ces fonctions techniques sont rarement nécessaires.

Utilisation intentionnelle et présence non intentionnelle

Il s'agit d'une distinction décisive pour interpréter correctement la réglementation :

  • utilisation intentionnelle : la substance est ajoutée délibérément afin d’obtenir une fonction dans la formulation ;
  • présence non intentionnelle : les PFAS apparaissent sous forme d’impuretés ou de contaminants provenant des matières premières ou des procédés de fabrication.

L’interdiction française concerne l’utilisation intentionnelle. L’identification d’une présence non intentionnelle est plus complexe et nécessite des analyses spécifiques ou des informations sur la chaîne d’approvisionnement, car elle n’apparaît pas sur l’étiquette.

Comment apparaissent-ils dans l’INCI ?

Certains ingrédients appartenant à la classe des PFAS pouvant apparaître dans une liste INCI comprennent le polytétrafluoroéthylène (PTFE) et certains silicones fluorés. Un critère pratique de lecture : le préfixe "perfluoro" ou "polyfluoro" dans le nom d’un ingrédient est un signal. Savoir lire l’INCI reste le principal outil du consommateur : si vous souhaitez approfondir, le guide des ingrédients cosmétiques explique comment interpréter une étiquette.

PFAS et environnement : pourquoi sont-ils considérés comme persistants ?

L’une des principales raisons de s’en préoccuper concerne la persistance environnementale. De nombreux PFAS peuvent rester longtemps dans les sols et les eaux et être transportés sur de longues distances. Des études environnementales ont mis en évidence leur présence dans l’eau potable, les sédiments et les chaînes alimentaires dans différentes régions du monde.

Le sujet n’est pas éloigné de nous. En Italie, des cas importants de contamination de l’eau sont documentés dans certaines zones de la Vénétie et du Piémont, la région d’origine de LeLang. Les seules restrictions nationales actuellement en vigueur concernent l’eau potable, avec des limites appliquées depuis janvier 2026 : pour les produits de consommation, l’Italie n’a pas encore instauré d’interdictions par catégorie.

Effets possibles sur la santé humaine

Les données scientifiques évoluent. Selon plusieurs autorités sanitaires et environnementales, l’exposition à certains PFAS a été associée, dans certaines études, à de possibles effets sur :

  • le système immunitaire ;
  • le développement fœtal et infantile ;
  • le métabolisme lipidique (par exemple, le taux de cholestérol) ;
  • le système endocrinien ;
  • des associations avec certaines pathologies dans des contextes d’exposition prolongée.

Les effets varient selon la substance concernée, la dose, la durée et la voie d’exposition. Pour de nombreuses substances PFAS, les données toxicologiques disponibles restent limitées, et il convient de le préciser : l’incertitude scientifique n’équivaut ni à une innocuité ni à un danger démontré.

Le rapport de la FDA sur les PFAS dans les cosmétiques

Aux États-Unis, la question a été analysée dans le cadre du Modernization of Cosmetics Regulation Act (MoCRA). La Food and Drug Administration a publié fin 2025 un rapport consacré à la présence de PFAS dans les formulations cosmétiques enregistrées.

Selon le rapport, 51 substances PFAS ont été identifiées dans environ 1 744 produits, soit environ 0,41 % des formulations analysées. Les catégories les plus représentées comprenaient les fards à paupières, les produits pour le visage et le cou, les eye-liners, les poudres et les fonds de teint, le PTFE figurant parmi les substances les plus fréquemment signalées.

Pour une part importante des substances identifiées, les données toxicologiques se sont révélées insuffisantes pour permettre une évaluation complète des risques.

Réglementation : ce qui change

France : interdiction à partir du 1er janvier 2026

La loi a été adoptée par l’Assemblée nationale le 20 février 2025 et est entrée en vigueur le 1er janvier 2026. L’interdiction concerne la fabrication, l’importation, l’exportation et la mise sur le marché de cosmétiques, de cire pour les sports d’hiver et de produits textiles destinés à l’habillement, chaussures incluses. Pour le reste du secteur textile, l’interdiction entrera en vigueur en 2030.

La France est le deuxième pays européen après le Danemark à interdire les PFAS dans les cosmétiques.

Un détail qui en dit long sur le parcours législatif : le texte initial incluait également les ustensiles de cuisine antiadhésifs, précisément revêtus de PTFE — le même composé, très répandu dans les cosmétiques. Cette partie a été supprimée au cours de la procédure parlementaire. La même substance est donc interdite dans un rouge à lèvres et autorisée dans une poêle.

Union européenne : proposition de restriction par groupe

Au niveau de l’UE, une proposition de restriction présentée à l’European Chemicals Agency (ECHA) est à l’étude ; elle considère les PFAS comme une classe. Les options comprennent des interdictions générales, des dérogations temporaires pour certains secteurs et des conditions d’utilisation assorties de mesures de réduction des émissions. Selon les estimations disponibles, une éventuelle interdiction européenne ne s’appliquerait pas avant 2027 : c’est aussi la raison pour laquelle la France a choisi d’anticiper.

Autres pays

La Nouvelle-Zélande a annoncé une interdiction des PFAS dans les cosmétiques à partir de 2026. Aux États-Unis, en l’absence d’une interdiction fédérale unique, plusieurs États ont adopté des réglementations restrictives. Au Royaume-Uni, la question fait l’objet d’une évaluation réglementaire.

La position de LeLang

Une précision qui nous semble indispensable avant de parler de nous. En Europe, aucun ingrédient cosmétique n’est mis sur le marché sans contrôle : le règlement CE 1223/2009 impose pour chaque produit un rapport sur la sécurité signé par un évaluateur qualifié, et les listes des substances interdites et soumises à restrictions sont réexaminées et mises à jour en permanence sur la base des avis scientifiques du SCCS. Il s’agit de l’un des cadres réglementaires les plus stricts au monde.

Le cas des PFAS est même un exemple de la manière dont ce système fonctionne : lorsque de nouvelles données apparaissent, les substances sont réévaluées et, si nécessaire, soumises à des restrictions. Le fait qu’une molécule soit aujourd’hui remise en question ne signifie pas que les cosmétiques commercialisés échappent à tout contrôle, mais que le contrôle est un processus continu, et non une photographie prise une fois pour toutes.

Les formulations LeLang ne contiennent pas de PFAS. C’est la conséquence directe de notre manière de choisir les ingrédients, et non une réaction à l’interdiction française : nos recherches se concentrent sur des actifs d’origine naturelle, biotechnologiques et sur des listes d’ingrédients courtes, pour lesquelles les fonctions techniques auxquelles servent les PFAS — longue tenue, résistance à l’eau, films glissants dans le maquillage — ne sont tout simplement pas nécessaires.

Ce que nous appelons l’approche clean, c’est cela : peu d’ingrédients, choisis pour une fonction précise et documentée, avec une préférence pour les matières premières d’origine naturelle et les fournisseurs italiens, dont nous pouvons vérifier la chaîne d’approvisionnement. Il est important de le préciser, car « clean beauty » est une expression marketing sans définition juridique, souvent utilisée pour suggérer que les autres produits seraient dangereux. Pour nous, cela ne signifie pas cela : cela signifie essentiel et traçabilité, et non une diabolisation de la chimie.

Si vous souhaitez comprendre comment ce choix se traduit concrètement au laboratoire, nous l’avons expliqué dans l’article consacré à la naissance d’un produit cosmétique.

Implications pour les entreprises du secteur

L’évolution de la réglementation implique pour le secteur cosmétique des activités telles que la cartographie des formulations et des ingrédients, l’évaluation des alternatives techniques, la mise à jour de la documentation de la chaîne d’approvisionnement et l’adaptation aux exigences des marchés étrangers.

Pour les exportateurs, c’est un enjeu immédiat : un produit conforme en Italie peut ne pas l’être en France. La tendance générale est la même que celle qui guide les nouvelles règles sur les emballages, dont nous parlons dans l’article consacré au règlement UE 2025/40.

Ce que les consommateurs peuvent faire

  • Lire l’INCI, en recherchant le PTFE et les préfixes « perfluoro » et « polyfluoro ».
  • Examiner la catégorie de produit : le risque se concentre dans le maquillage longue tenue et waterproof, et beaucoup moins dans les soins de la peau.
  • Limiter les produits waterproof aux situations où ils sont vraiment nécessaires — une journée à la piscine, pas au bureau.
  • Demander à l’entreprise. Un fabricant qui connaît sa chaîne d’approvisionnement répond ; l’absence de réponse est elle-même une information.

Conclusions

Les PFAS constituent une classe de substances aux applications techniques bien établies, mais présentant une forte persistance environnementale. L’interdiction française et les propositions européennes de restriction témoignent d’un changement important pour le secteur.

Dans ce contexte, il reste essentiel de se tenir informé des sources scientifiques et institutionnelles afin d’interpréter correctement l’évolution de la réglementation, en distinguant les données établies des domaines qui restent incertains.

Questions fréquentes sur les PFAS dans les cosmétiques

Les PFAS sont-ils interdits dans les cosmétiques en Europe ?

Il n’existe pas encore d’interdiction généralisée à l’échelle européenne. Une proposition de restriction de groupe est en cours et, selon les estimations, ne s’appliquerait pas avant 2027. La France et le Danemark ont déjà instauré des interdictions nationales.

Depuis quand les PFAS sont-ils interdits dans les cosmétiques en France ?

À partir du 1er janvier 2026, en application de la loi adoptée le 20 février 2025.

Les cosmétiques LeLang contiennent-ils des PFAS ?

Non. Nous n’utilisons pas de PFAS dans nos formulations : nos recherches s’appuient sur des actifs d’origine naturelle et biotechnologique, ainsi que sur des listes d’ingrédients essentiels.

Comment reconnaître les PFAS dans l’INCI ?

En recherchant des ingrédients comme le PTFE ou des noms contenant les préfixes « perfluoro » et « polyfluoro ». Les contaminations involontaires ne peuvent pas être détectées sur l’étiquette.

Les PFAS présents dans les cosmétiques sont-ils dangereux pour la santé ?

Le profil de risque varie selon la substance et l’exposition. Pour de nombreuses substances, les données disponibles restent incomplètes et les recherches se poursuivent.

Dans quels produits ont-ils été le plus souvent détectés ?

Principalement dans le maquillage longue tenue ou résistant à l’eau : fonds de teint, eye-liners, mascaras waterproof et fards à paupières. Beaucoup moins dans les soins de la peau.

Sources

  • Agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux (FDA) — Rapport sur les PFAS dans les cosmétiques, 2025
  • Agence de protection de l’environnement (EPA) — PFAS et santé humaine
  • Agence européenne des produits chimiques (ECHA) — Proposition de restriction des PFAS au titre de REACH
  • Règlement (CE) n° 1223/2009 relatif aux produits cosmétiques et avis du Comité scientifique pour la sécurité des consommateurs (SCCS)
  • Loi n° 2025-188 du 27 février 2025 (France) — interdiction des PFAS dans les cosmétiques, les cires de ski et les textiles