Packaging cosmetico e nuove regole europee sugli imballaggi
Dermocosmétiques en pharmacie

Règlement UE 2025/40 : ce qui change pour les emballages dans les secteurs cosmétique et alimentaire

Elisa Avallede Elisa Avalle , fondateur de LeLang

9 min de lecture

Le Règlement (UE) 2025/40, connu sous le nom de PPWR (Packaging and Packaging Waste Regulation), constitue le nouveau cadre européen relatif aux emballages et aux déchets d’emballages. Il concerne les pots, flacons, pompes, bouchons, étuis et emballages de transport, sans distinction de matériau ni de secteur.

Une précision que nous voyons souvent mal comprise : le règlement est entré en vigueur en février 2025, mais il s’applique à partir du 12 août 2026. Ce sont deux choses différentes. À compter de cette date, le PPWR constitue la référence directement applicable dans toute l’Union, mais il ne fonctionne pas comme un interrupteur : nombre des mesures les plus visibles ont leurs propres échéances entre 2028 et 2038 et nécessitent encore des actes techniques d’exécution.

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Pourquoi l’Europe a changé les règles

Les chiffres expliquent mieux le choix que toute introduction. Selon Eurostat, en 2023, l’Union européenne a produit 79,7 millions de tonnes de déchets d’emballages, soit 177,8 kilogrammes par habitant. La même année, chaque citoyen européen a généré en moyenne 35,3 kilogrammes de déchets d’emballages en plastique, dont 14,8 ont été recyclés : 42,1 %.

Le problème ne concerne pas seulement la quantité de matière utilisée. La conception de l’emballage compte également : le nombre de matériaux différents qu’il contient, leur facilité de séparation, l’existence de filières capables de le collecter et de le recycler à une échelle réelle, ainsi que la quantité d’espace vide transportée.

Le PPWR intervient donc en amont, en demandant de repenser l’emballage avant sa mise sur le marché. Les objectifs européens prévoient une réduction des déchets d’emballages par habitant par rapport à 2018 de 5 % d’ici 2030, 10 % d’ici 2035 et 15 % d’ici 2040.

Le calendrier : ce qui change et quand

Date Ce qui entre en vigueur
12 août 2026 Application générale du règlement. La phase au cours de laquelle les producteurs, importateurs et distributeurs adaptent leur conception, leur documentation et leurs processus commence.
12 février 2028 Poids et volume des emballages de vente réduits au minimum nécessaire à leur fonctionnalité. L’étiquetage harmonisé de la composition des matériaux sera bientôt mis en place.
1er janvier 2030 Emballages conçus pour le recyclage et classés selon des critères européens. Pourcentages minimaux de plastique recyclé post-consommation. Interdiction des produits à usage unique dans les établissements d’hébergement et le secteur HoReCa. Limite de 50 % d’espace vide pour les emballages groupés, de transport et du commerce en ligne.
2038 Seuls restent sur le marché les emballages appartenant aux classes de performance les plus élevées prévues par le règlement.

Les dates liées aux actes d’exécution peuvent être décalées si les actes techniques nécessitent davantage de temps. C’est pourquoi il est aujourd’hui plus juste de parler d’un parcours défini, et non d’une transformation achevée.

Poids et volume : le point le plus important pour le produit cosmétique

À partir du 12 février 2028, le poids et le volume de l’emballage de vente devront être réduits au minimum nécessaire pour garantir sa fonctionnalité, en tenant également compte de sa forme et de son matériau.

C’est le point qui touche le plus directement notre secteur. Dans les cosmétiques, la perception du prestige a souvent été construite au moyen de parois épaisses, de doubles fonds et d’étuis plus grands que leur contenu. Le règlement vise précisément les caractéristiques conçues uniquement pour donner au produit une apparence plus volumineuse.

En revanche, les éléments dotés d’une fonction réelle ne sont pas remis en cause : protéger la formule de la lumière et de l’oxygène, garantir l’hygiène et la stabilité, assurer une distribution correcte, résister au transport. C’est une distinction qui mérite d’être expliquée au comptoir : un flacon airless n’est pas un emballage superflu, c’est ce qui permet à un actif instable d’arriver intact jusqu’à la fin de son utilisation.

L’espace vide : attention à ne pas généraliser

La limite maximale de 50 % d’espace vide concerne les emballages groupés, de transport et du commerce électronique, à partir de 2030 ou à la date technique ultérieure applicable.

Pour les emballages cosmétiques de vente, il n’existe pas aujourd’hui de limite en pourcentage spécifique identique : la Commission devra réexaminer la question d’ici 2032. Il s’agit d’une distinction importante, car « réduire le vide » ne signifie pas appliquer immédiatement la même formule à chaque étui.

Recyclabilité conçue dès l’origine et plastique recyclé à partir de 2030

À partir de 2030, les emballages devront être conçus pour le recyclage et classés selon des critères européens de recyclabilité, définis par des actes délégués qui tiendront compte de la capacité réelle à collecter, trier et recycler les matériaux.

Toujours à partir de 2030, des pourcentages minimaux de plastique recyclé post-consommation entreront en jeu pour les parties en plastique, avec des valeurs différentes selon le type et des exceptions précises. Affirmer que chaque flacon cosmétique devra contenir la même proportion de matière recyclée serait donc inexact : le format, le matériau, la fonction et les actes techniques qui restent à finaliser sont déterminants.

Les allégations environnementales devront devenir plus précises

Le règlement accorde une attention particulière aux allégations environnementales concernant les emballages. Lorsqu’une allégation porte sur une propriété régie par le PPWR, elle devra être étayée par une documentation technique, indiquer clairement si elle concerne l’ensemble de l’emballage, une partie ou une seule unité et, dans les cas prévus, décrire une performance supérieure aux exigences légales minimales.

Pour le conseil au comptoir, cela se traduit par un critère simple. Écrire « emballage durable » n’indique pas quelle caractéristique a été améliorée. Il est préférable de formuler des affirmations précises et vérifiables : le pourcentage de matériau recyclé, le composant concerné, la possibilité réelle de séparer les éléments, la filière de collecte pertinente.

Il convient également de clarifier le terme recyclable, qui ne signifie pas « sera certainement recyclé ». La conception est une condition nécessaire, mais le résultat dépend de la collecte locale, du tri, des installations disponibles et du comportement de la personne qui dépose le déchet.

PFAS : une précision nécessaire

Au moment de l'entrée en application, plusieurs informations ont associé le PPWR aux limites concernant les PFAS, les substances per- et polyfluoroalkylées.

La distinction est essentielle : les seuils prévus par le PPWR à partir du 12 août 2026 concernent les emballages destinés à entrer en contact avec les aliments. Ils ne constituent pas une interdiction automatique et généralisée de tous les pots ou flacons cosmétiques. Le débat sur les PFAS dans les cosmétiques reste ouvert, mais il suit d'autres voies réglementaires : nous avons consacré une analyse à l'interdiction française des PFAS dans les cosmétiques.

Fin des flacons individuels dans les établissements d'hébergement

L'article 25, combiné à l'annexe V, établit l'interdiction, à partir du 1er janvier 2030, des emballages à usage unique pour les produits cosmétiques fournis dans le cadre d'une seule réservation dans les établissements d'hébergement :

  • shampooing, après-shampooing et gel douche en mini-flacons ;
  • crème pour le corps et autres produits d'hygiène personnelle en flacons individuels.

Sont exclus de l'interdiction :

  • produits de voyage vendus au détail ;
  • échantillons commerciaux ;
  • structures sanitaires et hospitalières.

De nombreux opérateurs s'orientent déjà vers des distributeurs rechargeables et refermables, des cosmétiques solides et des systèmes de recharge certifiés. Le défi consiste à trouver l'équilibre entre durabilité, praticité et respect des normes d'hygiène et de santé.

L'interdiction des portions individuelles dans le secteur alimentaire

À partir du 1er janvier 2030, seront également interdites les sachets individuels de sauces, d'huile, de vinaigre, de sucre, de confitures et de beurre proposés pour la consommation sur place. Ils resteront autorisés pour la vente à emporter et la livraison, dans le commerce de détail et les établissements de santé.

Ce que cela implique pour la pharmacie

Le PPWR n'impose pas d'obligations directes au point de vente, mais il change trois aspects concrets du travail quotidien.

  • Les questions des clients deviendront plus techniques. Plus seulement « est-ce recyclable ? », mais « les éléments se séparent-ils ? », « quelle quantité de matière recyclée contient-il ? », « pourquoi cet emballage est-il ainsi ? ». Ce sont des questions légitimes et elles méritent des réponses précises.
  • Le packaging cessera d'être un indicateur de gamme. Un pot lourd ne sera plus automatiquement synonyme de produit supérieur, et cela change la manière de présenter un produit premium en rayon.
  • Les allégations environnementales sur les produits de l’assortiment seront plus vérifiables. Ceux qui les utilisent de manière vague seront davantage exposés ; ceux qui les documentent auront un avantage.

La ligne que nous recommandons au comptoir est la même que celle que nous suivons en entreprise : toujours distinguer la matière superflue de la matière fonctionnelle et ne pas confondre la simplicité esthétique avec la durabilité réelle. Alléger un contenant n’est pas un avantage si cela compromet la stabilité de la formule et génère davantage de gaspillage de produit.

Questions fréquentes sur le règlement (UE) 2025/40

À partir de quand le PPWR s’applique-t-il ?

À partir du 12 août 2026. Le règlement était entré en vigueur en février 2025, mais son application générale commence à la date d’août 2026. Les interdictions opérationnelles concernant les produits à usage unique ne s’appliquent en revanche qu’à partir du 1er janvier 2030.

À partir du 12 août 2026, les cosmétiques commercialisés deviendront-ils irréguliers ?

Non. Le règlement prévoit une période de transition et de nombreuses dispositions substantielles ont leurs propres dates d’application. Les emballages déjà commercialisés ne deviennent pas automatiquement non conformes.

Chaque flacon devra-t-il contenir du plastique recyclé ?

À partir de 2030, des pourcentages minimaux de plastique recyclé post-consommation sont prévus pour les parties en plastique, mais avec des valeurs différenciées selon le type et des exceptions. Il n’existe pas de quota unique valable pour tous les formats.

La limite de 50 % d’espace vide s’applique-t-elle aux étuis cosmétiques ?

Pas de la manière dont cela est souvent présenté. La limite concerne les emballages groupés, de transport et du commerce électronique. Pour les emballages de vente, la Commission devra réexaminer la question d’ici à 2032.

Le PPWR interdit-il les PFAS dans les cosmétiques ?

Non. Les seuils du PPWR en vigueur à partir du 12 août 2026 concernent les emballages en contact avec les denrées alimentaires. La question des PFAS dans les cosmétiques suit des voies réglementaires distinctes.

À partir de quand les flacons monodose seront-ils interdits dans les hôtels ?

À partir du 1er janvier 2030, pour les cosmétiques fournis dans le cadre d’une réservation unique dans des établissements d’hébergement. Les formats de voyage vendus au détail restent autorisés.

Y aura-t-il des sanctions ?

Oui, mais les modalités d’application dépendront des autorités nationales : chaque État membre définira son propre dispositif de sanctions.

Les sources de cet article

  • Règlement (UE) 2025/40 du Parlement européen et du Conseil relatif aux emballages et aux déchets d’emballages, publié au Journal officiel de l’Union européenne le 22 janvier 2025 ; en particulier l’article 25 et l’annexe V.
  • Eurostat, statistiques sur les déchets d’emballages, données relatives à 2023 et publiées le 22 octobre 2025.
  • Commission européenne, cadre d’information sur les déchets d’emballages et la mise en œuvre du PPWR.
  • Règlement (CE) n° 1223/2009 relatif aux produits cosmétiques.

Sur le site : PFAS dans les cosmétiques · date de péremption des cosmétiques et PAO

Article mis à jour en août 2026, à l’occasion de l’application générale du règlement.