Le kudzu est une plante grimpante asiatique, Pueraria lobata, dont la racine est utilisée depuis des siècles en cuisine et en herboristerie, et aujourd'hui également en cosmétique pour son profil antioxydant.
Clarifions immédiatement une confusion fréquente : le kuzu avec un seul « d », celui que l'on achète comme épaississant dans la cuisine macrobiotique, est l'amidon extrait de la même racine. Même plante, deux produits différents : d'un côté, une farine pour épaissir les soupes et les puddings, de l'autre, un extrait titré en isoflavones utilisé dans les formules pour le visage. C'est ce second produit dont nous parlons ici.
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Qu'est-ce que le kudzu
Le kudzu, également appelé Pueraria lobata ou Pueraria montana, est une plante grimpante originaire du Japon, de Chine et de Corée, appartenant à la famille des Fabaceae et aujourd'hui répandue dans le monde entier.
La plante pousse en s'enroulant autour des autres arbres et est considérée comme envahissante dans de nombreux pays, avec des racines très profondes. Dans la médecine traditionnelle chinoise, la poudre de kudzu est utilisée depuis des siècles. Le nom Pueraria vient du botaniste Marc Nicolas Puerari.

L'extrait est riche en isoflavones, responsables de la plupart des activités biologiques. Les principaux composés de la racine sont la quercétine, la génistéine, la tectorigénine, la daidzéine et la puerarine : tous des antioxydants capables de lutter contre le stress oxydatif cutané.
Kuzu en cuisine et kudzu en cosmétique : la différence
L'amidon de kuzu est obtenu en broyant et en décantant la racine jusqu'à en isoler la fraction amylacée : c'est un produit alimentaire, utilisé comme épaississant et apprécié dans la cuisine macrobiotique pour sa digestibilité. De la composante active de la racine, il en reste très peu dans cet amidon.
L'extrait cosmétique suit la voie opposée : il concentre précisément la fraction que l'amidon laisse de côté, c'est-à-dire les isoflavones. C'est cette forme qui apparaît dans l'INCI et qu'il est pertinent d'évaluer lors du choix d'une crème ou d'un sérum.
Comment le kudzu agit-il sur la peau
Les facteurs responsables du vieillissement cutané sont multiples : alimentation, mode de vie, exposition au soleil ou tout simplement vieillissement chronologique. La sénescence cellulaire est liée à l'oxydation due aux radicaux libres générés par des facteurs de stress endogènes et exogènes. C'est pourquoi les antioxydants sont utiles pour ralentir le processus.
Les fibroblastes jouent un rôle central dans le maintien de la structure des tissus : ils permettent la synthèse des protéines de la matrice extracellulaire, notamment du collagène et de l'élastine. Le derme se divise en deux parties : le derme papillaire, plus superficiel et à forte densité cellulaire, et le derme réticulaire, plus profond. Les processus de vieillissement touchent surtout les fibroblastes papillaires, ralentissant leur prolifération.
La puérarine est l'isoflavone caractéristique de Pueraria lobata. Sur des cultures de fibroblastes dermiques humains vieillissants en laboratoire, son traitement a augmenté la prolifération cellulaire et réduit la proportion de cellules sénescentes, tout en limitant l'évolution vers le profil de fibroblaste réticulaire observé avec l'âge.
Voici un détail qui vaut plus que tout le reste et qui est généralement omis. Dans la même étude, les radicaux libres n'ont pas diminué : ils ont même augmenté dans les cellules traitées. Autrement dit, l'effet sur la sénescence existe, mais ne passe pas par une simple action antioxydante, comme on peut le lire presque partout. C'est un bon rappel de la facilité avec laquelle on peut présenter un ingrédient en privilégiant l'explication qui semble séduisante plutôt que celle étayée par les données.
Sur un autre point, les données sont plus cohérentes : dans des fibroblastes exposés aux rayons UVA, la puérarine augmente l'expression des enzymes antioxydantes de la cellule par l'intermédiaire d'une voie de signalisation spécifique, réduisant les marqueurs de dommages oxydatifs. Dans ce contexte, l'activité antioxydante est documentée.
Les principaux bienfaits du kudzu pour la peau
- Antioxydant, grâce à la puérarine, le principal glycoside bioactif de la plante ;
- Action anti-glycation : la glycation est le processus par lequel les sucres en excès se lient aux protéines structurelles et les rigidifient. Le kudzu contient des molécules qui s’opposent à la formation des produits finaux de la glycation avancée, les AGE ;
- Soutien au renouvellement cutané, grâce à la stimulation des kératinocytes épidermiques ;
- Soutien de la vitalité des fibroblastes, documenté sur des cultures de cellules vieillies en laboratoire.
Et concernant les taches ?
C’est la question qui revient toujours, car les isoflavones sont souvent présentées comme des agents éclaircissants. La réponse honnête est que les données ne sont pas univoques. La tyrosinase, l’enzyme clé de la production de mélanine, agit en deux étapes successives : lors de la première, la puérarine se comporte comme un inhibiteur, et lors de la seconde comme un activateur. Certains extraits de la plante présentent une activité anti-mélanogénique nette, mais cela dépend de la fraction utilisée et du modèle expérimental.
En clair : le kudzu ne doit pas être choisi comme actif anti-taches. Si votre objectif concerne les dyschromies du visage, d’autres actifs disposent de données plus solides. Le kudzu a du sens pour ce qu’il fait bien : une protection antioxydante et un soutien de la structure cutanée.
Une précision générale : une grande partie de ces données provient d’études in vitro, c’est-à-dire réalisées sur des cultures cellulaires, et non d’essais cliniques sur l’être humain. Il s’agit d’indications sur le mécanisme d’action, pas de preuves d’efficacité sur le visage.
Le kudzu et la peau à la ménopause
C’est le contexte dans lequel cet actif est le plus souvent cité, et il vaut la peine d’expliquer pourquoi sans promettre ce qu’un cosmétique ne peut pas faire.
Les isoflavones de la racine appartiennent à la famille des phytoestrogènes, des molécules végétales dont la structure rappelle celle des œstrogènes. D’où l’intérêt pour la période où les œstrogènes diminuent et où la peau devient plus fine, plus sèche et moins ferme. Un extrait appliqué sur le visage, toutefois, n’agit pas sur l’équilibre hormonal : il apporte une action antioxydante et contribue à l’hydratation, c’est-à-dire sur les deux fronts où la peau souffre le plus durant cette période.
Pour comprendre comment la peau évolue durant cette période et sur quels actifs miser, retrouvez toutes les informations dans le guide sur la peau du visage à la ménopause et dans l'article consacré aux actifs ciblés après 50 ans.
Où trouver le kudzu dans les formules LeLang
L'extrait de kudzu est l'un des actifs de Hyaluronic Advance, où il complète l'acide hyaluronique de différents poids moléculaires : l'un agit sur la capacité à retenir l'eau, l'autre sur la protection antioxydante de la structure qui doit la maintenir.
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Dans la fiche ingrédient du kudzu, vous trouverez la liste complète des formules LeLang qui en contiennent, ainsi que, dans les autres soins visage anti-âge, les formules qui poursuivent le même objectif avec d'autres actifs.
Questions fréquentes
Le kuzu et le kudzu sont-ils la même chose ?
Ils proviennent de la même plante, la Pueraria lobata, mais ce sont deux produits différents. Le kuzu est l'amidon de la racine, utilisé en cuisine comme épaississant ; le kudzu dont parle la cosmétique est l'extrait concentré en isoflavones. L'orthographe avec deux « d » est la plus répandue dans les domaines botanique et cosmétique.
À quoi sert le kudzu sur la peau ?
Il sert d'antioxydant : il neutralise les radicaux libres générés par le soleil, la pollution et le stress, contribue à limiter la glycation des protéines de soutien et aide à maintenir l'hydratation. Le résultat observé est un teint plus uniforme et une peau plus confortable, pas un effet spectaculaire.
Le kudzu doit-il être pris ou appliqué ?
Ce sont deux approches distinctes. La prise orale d'isoflavones relève du médecin ou du pharmacien, surtout pour les personnes suivant des traitements hormonaux ou ayant des antécédents de pathologies hormonosensibles. L'utilisation topique dans un cosmétique agit là où il est appliqué et reste axée sur l'apparence de la peau.
Convient-il aux peaux sensibles ?
Oui, aux concentrations cosmétiques, il est généralement bien toléré et sa composante flavonoïde possède un profil apaisant. Comme pour tout nouveau produit, sur une peau très réactive, il est préférable de l'introduire seul, sans autre nouveauté simultanée.
Le kudzu éclaircit-il les taches ?
Ce n'est pas l'actif adapté à cet objectif. Sur les deux étapes de l'enzyme qui produit la mélanine, la puérarine agit de manière opposée, et les résultats varient selon l'extrait étudié. Si vous recherchez un effet sur les dyschromies, mieux vaut vous tourner vers autre chose ; le kudzu reste un bon antioxydant.
Si vous voulez comprendre si cet actif a sa place dans votre routine, dans les pharmacies partenaires LeLang, vous trouverez quelqu'un qui pourra évaluer votre peau en personne et vous dire si le problème que vous rencontrez nécessite un antioxydant ou autre chose.
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Les sources de cet article
01 « Puerarin blocks the aging phenotype in human dermal fibroblasts », PLOS ONE, 2021 — étude menée sur des fibroblastes dermiques humains normaux vieillissant en culture : le traitement à la puérarine a augmenté la prolifération cellulaire et réduit la proportion de cellules positives à la bêta-galactosidase associée à la sénescence, tandis que la production d'espèces réactives de l'oxygène n'a pas diminué.
02 « Puerarin Reduces Oxidative Damage and Photoaging Caused by UVA Radiation in Human Fibroblasts by Regulating Nrf2 and MAPK Signaling Pathways », Nutrients, vol. 14 n° 22, 2022 — étude menée sur des fibroblastes cutanés humains exposés aux UVA : la puérarine augmente l'expression des enzymes antioxydantes via la voie KEAP1-Nrf2/ARE, réduisant les ROS et le malondialdéhyde.
03 Qu L., Song K., Zhang Q., Guo J., Huang J., « Simultaneous Determination of Six Isoflavones from Puerariae Lobatae Radix by CPE-HPLC and Effect of Puerarin on Tyrosinase Activity », Molecules, vol. 25 n° 2, 2020 — la puérarine inhibe l'activité monophénolase de la tyrosinase et active son activité diphénolase : elle agit donc à la fois comme inhibiteur et comme activateur selon l'étape enzymatique.
04 Règlement (CE) n° 1223/2009 relatif aux produits cosmétiques et Règlement (UE) n° 655/2013 établissant les critères communs relatifs aux allégations : un produit cosmétique peut améliorer l'apparence de la peau, mais il n'agit pas sur l'équilibre hormonal et ne remplace pas une évaluation médicale.
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